Montréal,  10 novembre 2021 – En réponse à la lettre ouverte rédigée par Jean-Pierre Finet dans le journal Métro du 8 novembre 2021.

Alors que les yeux du monde sont tournés vers Glasgow où se tient la 26e conférence des Nations unies sur le climat, les négociations techniques de la semaine dernière vont faire place cette semaine aux négociations politiques en vue d’en arriver à un texte final qui fera foi ou non du succès de cette conférence. Les défis, on le sait, sont gigantesques.

Si d’aucuns ne doutent des efforts qu’il faille faire et des changements à adopter pour réduire nos émissions, il y a déjà plusieurs années qu’Énergir démontre concrètement sa volonté de faire partie de la solution en s’adaptant aux contextes énergétiques et climatiques qui évoluent rapidement. La société est en droit d’exiger qu’un service public de la taille d’Énergir pose des gestes qui donneront à plus long terme des résultats concrets et qui s’inscrivent en cohérence avec les ambitions que l’on doit avoir dans la lutte contre les changements climatiques.

Énergir s’est dotée d’une vision qui définit clairement son rôle dans les efforts globaux de réduction des émissions de GES dans un contexte de transition qui se veut juste et prospère. Cette vision s’articule autour d’objectifs réalistes de décarboner son réseau de distribution de gaz naturel et d’être présent là et quand nous avons de la valeur. Nous entendons le faire en accentuant nos efforts en efficacité énergétique, en distribuant davantage de gaz naturel renouvelable et en travaillant de façon complémentaire avec Hydro-Québec pour offrir une approche de biénergie à nos clients. Cette dernière solution qui est à la fois innovante et inédite réduira de façon significative les volumes de gaz naturel consommés dans le secteur du bâtiment et réduira les émissions associées à celui-ci, à un coût très avantageux pour la société.

À l’instar de plusieurs gouvernements dans le monde, le Québec dévoilera sous peu sa stratégie pour le développement de la filière de l’hydrogène vert. L’idée d’utiliser l’hydrogène n’est pas nouvelle, mais il est vrai qu’au cours des dernières années on observe une accélération des discussions internationales visant à ajouter cette énergie au bouquet des énergies renouvelables avec les défis techniques et économiques qui y sont associés.

Pour le Québec, se doter d’une stratégie de l’hydrogène vert est une occasion d’explorer les opportunités liées à la production d’hydrogène. Alors qu’on sait que de larges pans de l’économie, tels que certains procédés industriels et le transport lourd et maritime, ne peuvent être électrifiés, c’est aussi une occasion de réfléchir aux usages complémentaires de cette énergie aux efforts actuels d’électrification.

Comme plusieurs autres joueurs ailleurs dans le monde, Énergir s’est évidemment questionnée quant à son rôle dans la chaîne de valeur de l’hydrogène au Québec. Une avenue possible serait la distribution dans son réseau gazier de la molécule d’hydrogène sous forme pure ou par l’entremise du gaz naturel renouvelable de prochaine génération. L’un des plus grands défis du développement d'un marché de l'hydrogène est d'effectuer le transport de la molécule de manière sécuritaire et à des coûts compétitifs.

Nous en sommes conscients et c’est dans cet esprit qu’Énergir travaille à un projet qui est actuellement examiné par la Régie de l’énergie. Ce projet sera mené en circuit fermé et vise notamment à vérifier l’intégrité du réseau et des appareils en réaction à l’injection d’une quantité d’hydrogène. À terme, ce projet lui permettra de statuer sur la capacité des appareils et de son réseau à recevoir une certaine quantité d’hydrogène et d’investiguer les défis techniques associés à sa distribution. Il serait prématuré de tirer une conclusion avant que ces analyses ne soient complétées. En effet, l’ampleur des défis à relever dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques requiert qu’aucune solution ne soit écartée précipitamment.

S’inscrire dans la discussion sur le développement de la filière de l’hydrogène n’est donc pas une lubie ou un caprice extravagant. Cela traduit plutôt la volonté sérieuse d’un distributeur d’énergie de participer à la recherche de solutions innovantes et imaginant que l’hydrogène vert pourra un jour jouer un rôle clé dans l’atteinte des cibles de réduction des émissions tout en valorisant son réseau de distribution, un actif qui contribue depuis plus de soixante ans au développement économique du Québec.

SOURCE: ÉNERGIR

En savoir plus